La fabrication du papier washi (Japon)

La fabrication du papier washi au Japon est une technique traditionnelle, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. En novembre 2018, le site GraphiLine (arts graphiques) partageait et commentait une vidéo réalisée par le réalisateur japonais Takashi Kuroyanagi. Il rappelait que : “la fabrication artisanale du papier washi au Japon (wa signifie Japon, et shi papier) est un art vieux de plus de 800 ans”.

黒谷和紙 ー Making of Japanese handmade paper of Kyoto Kurotani from Polar on Vimeo.

Dans son livre Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l’ouest par des chemin, à l’est par un cours d’eau (2017), l’auteur hongrois László Krasznahorkai évoque – au cours d’un récit labyrinthique – la fabrication du papier washi : “papier de prodigieuse qualité, qui ne se révéla que plusieurs siècles plus tard, mais ô combien, pour la fabrication de papiers de grand prestige”.

Comme dans la vidéo Takashi Kuroyanagi, László Krasznahorkai célèbre la technique traditionnelle avec ses mots, dans un description qui précède un chapitre à propos du pavillon des sûtras (kyōzō) :

Le procédé appelé nagashizuki consistait pour l’essentiel à plonger plusieurs fois de suite un tamis d’une hauteur de 1 shaku et d’une longueur d’environ 3 shaku dans une cuve remplie de pâte aqueuse de fibres végétales, pour prélever plusieurs couches de cette pâte jusqu’à l’obtention de l’épaisseur souhaitée de matière première : le papier, invention révolutionnaire qui marqua l’apogée de l’histoire du livre. Un pas important fut franchi quand on découvrit qu’en ajoutant aux fibres maintenues dans une cuve d’eau un extrait de substancevégétale appelée neri, obtenu à partie des racines d’une plante appartenant à la famille des hibiscus, le tororo-aoi, l’épaisse bouillie liquide devenait plus élastique, plus gluante, plus indolente, sa consistance interne était ralentie, lui permettant ainsi de mieux adhérer à la surface du tamis”.

Dans les fibres originelles de toutes littératures, c’est déjà une exigence artistique qui œuvre, dans le respect des matériaux, un peu comme Gaston Bachelard décrit le processus poétiques de la matière dans l’Eau et les rêves (1942).

Proposé par © Les Nouveaux documents – le 16/04/2019.
Livres / KRASZNAHORKAI László, Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l’ouest par des chemin, à l’est par un cours d’eau. Actes Sud, 2017. / BACHELARD Gaston, L’Eau et les rêves. Essai sur l’imagination de la matière. José Corti, 1942.
LiensSuperbe vidéo sur la fabrication du papier japonais washi (GraphiLine)

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